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Les autorités espagnoles saisissent des huiles frelatées, le lot est vendu sur des marketplaces françaises

Plus de 68 000 litres d’huiles alimentaires ont été saisis en Espagne en raison d’irrégularités graves dans leur composition, selon les services de contrôle sanitaire régionaux.

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L’affaire a pris une tournure inattendue : une partie des lots interceptés se retrouve aujourd’hui en circulation via des plateformes de vente en ligne accessibles depuis la France. J’ai moi-même constaté plusieurs annonces mentionnant ces produits.

Des huiles confisquées par les autorités espagnoles

Début janvier, la Guardia Civil et l’Agence espagnole de sécurité alimentaire (AESAN) ont mené une série de contrôles dans la région d’Andalousie. Résultat : plus de 68 000 litres d’huiles, étiquetées comme « vierge extra », présentaient un mélange illégal avec d’autres huiles raffinées à moindre coût. Les échantillons analysés par le Laboratorio Agroalimentario de Córdoba ont confirmé que la composition ne correspondait pas aux normes européennes.

Les marques concernées n’étaient pas connues du grand public mais ciblaient principalement les circuits discount et certaines chaînes locales. L’affaire devait se solder par le retrait pur et simple du marché espagnol.

Un détour par les marketplaces françaises

Malgré cette saisie, plusieurs lots circulent désormais sur des plateformes transfrontalières accessibles aux consommateurs français. Des bouteilles identiques à celles retirées en Espagne apparaissent avec des intitulés séduisants et un prix moyen inférieur de 30 % aux huiles labellisées. Sur certains sites, les vendeurs se présentent comme basés en France alors que l’expédition est effectuée depuis Valence ou Séville.

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La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) indique être alertée et avoir ouvert une enquête. Mais dans l’attente, les annonces restent visibles et disponibles à l’achat.

Une faille dans le commerce transfrontalier

L’Union européenne impose un cadre strict pour les denrées alimentaires, mais le contrôle réel des ventes numériques reste lacunaire. Les plateformes invoquent souvent leur statut d’intermédiaire technique pour éviter toute responsabilité directe. Ce vide juridique profite à certains distributeurs peu scrupuleux qui écoulent leurs stocks sur internet.

D’après une étude publiée par Euroconsumers en 2023, près de 15 % des produits alimentaires vendus sur les places de marché européennes présentaient au moins une non-conformité étiquetage ou composition.

Les risques pour les consommateurs

Au-delà du mensonge commercial, ces mélanges peuvent poser un risque sanitaire. Les analyses ont relevé un taux d’acidité supérieur aux seuils autorisés pour l’huile vierge extra, signe d’une altération du produit. Certaines bouteilles contenaient aussi des résidus d’huiles désodorisées non déclarées.

Pour un consommateur non averti, la différence est invisible : couleur dorée, emballage attractif et slogans valorisant l’origine méditerranéenne suffisent à convaincre. Mais la qualité nutritionnelle et gustative est largement compromise.

Comment identifier un lot suspect

  • Vérifier le numéro de lot : ceux commençant par « L23-AND » sont visés par le rappel en Espagne.
  • Contrôler l’origine : certaines bouteilles affichent « embouteillé en Espagne » sans mention claire du producteur.
  • Comparer le prix : un litre affiché à moins de 4 € est très rarement synonyme d’huile vierge extra authentique.
  • S’assurer du label : seul le sceau officiel DOP ou IGP garantit une traçabilité stricte.

Des alternatives sûres pour les ménages français

L’Interprofession française de l’huile d’olive rappelle que la production nationale couvre environ 4 % seulement des besoins hexagonaux, ce qui rend tentantes les offres étrangères bon marché. Pourtant, plusieurs coopératives locales comme celles situées dans le Gard ou les Bouches-du-Rhône proposent désormais des conditionnements familiaux compétitifs autour de 8 € le litre en vrac.

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Certaines enseignes mettent aussi en avant des huiles importées mais certifiées « bio » avec numéro Ecocert visible sur l’étiquette. Ces labels constituent aujourd’hui un repère concret pour éviter les mauvaises surprises. Le consommateur attentif peut également consulter régulièrement les bases publiques RASFF (Système européen d’alerte rapide) qui recensent chaque semaine les produits rappelés dans l’Union européenne.

Type d’huile Prix moyen au litre Niveau de contrôle
Huile d’olive vierge extra certifiée AOP française 8 à 12 € Traçabilité complète garantie
Mélanges non certifiés vendus en ligne 3 à 5 € Aucune garantie officielle
Huile bio importée avec certification Ecocert 7 à 10 € Certificat indépendant vérifiable

L’affaire met sous pression régulateurs et plateformes

L’Espagne pousse pour renforcer la coopération européenne afin que les lots rappelés soient systématiquement bloqués lors d’une tentative de revente transnationale. De son côté, la DGCCRF demande aux marketplaces françaises comme Cdiscount ou Amazon davantage d’autocontrôle avant publication des annonces liées aux denrées alimentaires sensibles.

L’affaire révèle aussi une tension croissante entre libre circulation commerciale et protection sanitaire. Alors que certains profitent pleinement du marché numérique européen pour écouler leurs produits, ce sont finalement les ménages qui assument le risque quotidien face à leur bouteille d’huile posée sur la table familiale.

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