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Voici les deux seules plantes d’intérieur qui filtrent réellement l’air selon le CNRS

Selon une étude du CNRS publiée en 2024, moins de 5 % des plantes d’intérieur testées ont démontré une capacité mesurable à réduire la concentration de polluants dans l’air ambiant sur 24 heures.

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À force de voir proliférer les promesses vertes sur les réseaux et dans les rayons déco, j’ai voulu comprendre ce qu’il en était vraiment. Le verdict scientifique est moins luxuriant que les slogans marketing.

Les tests du CNRS mettent fin à trente ans d’idées reçues

Depuis la célèbre étude de la NASA dans les années 1980, relayée par des milliers de blogs et magazines, l’idée qu’une simple plante dépollue un salon s’est imposée. Or le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a réévalué ces affirmations en conditions réelles : circulation d’air domestique, volumes standardisés et concentrations mesurées sur plusieurs semaines.

Résultat : sur 15 espèces couramment vendues comme « dépolluantes », seules deux ont montré un effet significatif sur les concentrations en formaldéhyde et benzène, deux composés organiques volatils fréquemment émis par les meubles et produits ménagers. Les autres variétés testées n’ont présenté aucune différence notable par rapport à un témoin sans plante.

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Les chercheurs du Laboratoire Interdisciplinaire des Environnements Continentaux (LIEC) à Nancy ont précisé que ces résultats ne remettent pas en cause l’intérêt esthétique ou psychologique des végétaux, mais qu’ils appellent à une clarification des allégations commerciales souvent abusives.

Deux espèces qui font réellement la différence

Les analyses identifient deux championnes inattendues : le Spathiphyllum wallisii, plus connu sous le nom de fleur de lune, et le Chlorophytum comosum, ou plante araignée. Ces plantes auraient réduit jusqu’à 30 % la concentration moyenne de formaldéhyde après 48 heures dans une chambre fermée de 12 m² ventilée naturellement.

Leur efficacité proviendrait d’un double mécanisme : absorption par les stomates des feuilles et dégradation microbienne via le substrat racinaire. Les tests montrent que ce couple plante-terreau agit davantage comme un filtre biologique continu que comme une simple éponge chimique ponctuelle.

  • Spathiphyllum wallisii : préfère l’ombre, exige une humidité constante et neutralise principalement le benzène.
  • Chlorophytum comosum : facile d’entretien, supporte la lumière directe et cible surtout le formaldéhyde issu des colles et peintures.

L’écart entre laboratoire et salon reste considérable

Les chercheurs insistent : même ces deux espèces ne remplacent pas une aération quotidienne. En conditions domestiques normales, leur effet ne dépasserait pas 3 % d’amélioration sur la qualité globale de l’air intérieur mesurée par capteurs CO₂-éq. Autrement dit, leur impact reste marginal face à un simple renouvellement d’air pendant dix minutes matin et soir.

C’est là tout le paradoxe : plus l’habitat est confiné — fenêtres fermées pour préserver la chaleur — plus on espère que les plantes compenseront cette fermeture. Une attente démentie par les chiffres du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui rappelle que le taux moyen de pollution intérieure peut être jusqu’à huit fois supérieur à celui extérieur sans ventilation mécanique contrôlée efficace.

Un marché florissant malgré les mises au point scientifiques

En France, près d’un foyer sur deux possède au moins trois plantes vertes selon un sondage IFOP réalisé fin 2023. Les ventes ont augmenté de 18 % en cinq ans, portées par l’argument santé relayé par certaines enseignes. Le CNRS alerte pourtant sur le risque de confusion entre bien-être visuel et purification réelle.

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Cette tension entre marketing et science rappelle celle observée autour des huiles essentielles ou des purificateurs d’air “naturels”. En jouant sur la symbolique du vivant, ces produits entretiennent un flou propice aux interprétations optimistes. Le discours publicitaire se nourrit d’un imaginaire écologique auquel peu veulent renoncer.

Vers un nouvel étiquetage environnemental ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) travaille avec le ministère de la Transition écologique sur un projet d’étiquetage volontaire indiquant l’effet mesuré sur certains polluants domestiques. L’objectif serait d’éviter les mentions trompeuses du type « dépolluante » sans protocole reconnu. Ce référentiel pourrait s’appuyer sur des tests comparables à ceux menés par le CNRS : durée minimale 48 h, mesure multipolluant, contrôle de température et hygrométrie constantes.

Critère évalué Méthode proposée Objectif réglementaire
Efficacité prouvée Taux de réduction ≥10 % sous protocole standardisé Lutter contre les allégations infondées
Données publiques Publication sur data.gouv.fr après validation Anses Transparence pour le consommateur
Mention autorisée « Contribue à réduire certains COV » au lieu de « Dépolluante » Cohérence terminologique

Aérer reste plus efficace que cultiver pour purifier son air intérieur

L’étude du CNRS ne condamne pas nos plantes vertes ; elle replace simplement leur rôle à sa juste mesure. Un logement correctement ventilé élimine jusqu’à 90 % des composés volatils en quinze minutes selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI). Les filtres végétaux demeurent un appoint décoratif appréciable mais ne sauraient se substituer aux gestes simples ni aux équipements techniques adaptés.

Certaines collectivités expérimentent déjà des programmes pédagogiques associant plantes filtrantes et capteurs connectés dans les écoles primaires pour sensibiliser aux enjeux d’aération. La recherche continue, mais pour l’heure, seules deux feuilles méritent véritablement leur réputation scientifique : celles du Spathiphyllum et du Chlorophytum.

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  1. 8ukqga

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