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Cassis feuille : l’anti-douleur ignoré des sportifs

Selon une enquête de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), près de 27 % des Français ont recours à des compléments naturels pour soulager douleurs et inflammations, mais les feuilles de cassis restent en marge.

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Les pharmacies mettent en avant l’arnica et le curcuma, alors qu’un remède issu de nos jardins reste absent des rayons. J’ai moi-même constaté cette invisibilité dans plusieurs magasins spécialisés.

Un anti-inflammatoire végétal reconnu depuis 1986

Le cassis, ou Ribes nigrum, est surtout connu pour ses baies riches en vitamine C. Pourtant, ce sont ses feuilles qui attirent l’attention des phytothérapeutes. Dès 1986, la Commission E en Allemagne – un comité officiel d’évaluation des plantes médicinales – a validé leur usage contre les douleurs articulaires et les rhumatismes légers.

En France, la plante figure dans la pharmacopée et bénéficie d’une reconnaissance par l’Agence européenne du médicament (EMA) pour ses propriétés anti-inflammatoires. Mais elle demeure absente des protocoles sportifs officiels. L’écart entre validation scientifique et usage réel reste frappant.

Pourquoi les sportifs passent à côté

La majorité des athlètes amateurs privilégient les anti-inflammatoires classiques prescrits par les médecins ou les gels à base d’arnica promus par les grandes marques. Les feuilles de cassis, elles, ne bénéficient ni de campagnes publicitaires ni de partenariats avec les fédérations sportives.

Un sondage réalisé en 2023 par OpinionWay montre que 62 % des sportifs réguliers déclarent n’avoir « jamais entendu parler » du cassis feuille comme alternative naturelle aux anti-douleurs. Ce déficit de notoriété explique une consommation marginale malgré des prix accessibles.

Des effets comparables aux traitements classiques

L’effet principal réside dans la présence de flavonoïdes et de proanthocyanidines qui limitent la production de cytokines pro-inflammatoires. Plusieurs analyses in vitro montrent une action comparable à celle d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) utilisés dans les douleurs légères à modérées.

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Contrairement aux médicaments, il n’y a pas d’effets secondaires digestifs rapportés aux doses usuelles. Les herboristes recommandent souvent une infusion quotidienne ou l’usage d’extraits fluides standardisés vendus sous forme de gouttes.

Un coût dérisoire face aux alternatives chimiques

L’aspect économique frappe également. Là où une boîte d’AINS coûte en moyenne entre 4 et 8 euros pour dix jours de traitement, un sachet de feuilles séchées revient autour de 3 euros et permet plusieurs dizaines d’infusions.

Produit Durée moyenne Prix moyen (€)
AINS (ibuprofène) 10 jours 6 €
Gel arnica 3 semaines 9 €
Cassis feuille séchée 1 mois (infusions) 3 €
Cassis extrait liquide 1 mois (gouttes) 12 €

L’écart interpelle : le remède le moins médiatisé est aussi le plus abordable pour un usage quotidien.

L’absence flagrante dans les rayons sportifs

Aucune enseigne spécialisée dans la nutrition sportive n’inclut aujourd’hui le cassis feuille dans son catalogue phare. Décathlon ou Go Sport développent leurs gammes protéinées et énergétiques mais ignorent ce segment pourtant validé scientifiquement. Même constat côté pharmacies : seule une minorité propose la plante brute en vrac.

L’explication se trouve peut-être dans le manque d’études cliniques menées spécifiquement sur des sportifs en situation réelle, un argument régulièrement mis en avant par les médecins du sport consultés. Tant que ces preuves ne seront pas publiées à grande échelle, l’industrie ne prendra pas le risque commercial.

Précautions et usages encadrés par la réglementation

L’Agence européenne du médicament recommande un usage limité aux adultes et déconseille la consommation prolongée sans avis médical au-delà de trois semaines consécutives. Les femmes enceintes ou allaitantes doivent s’abstenir faute de données suffisantes.

  • Dose usuelle : 5 g de feuilles séchées infusées dans 250 ml d’eau bouillante, deux fois par jour.
  • Sous forme liquide : environ 50 gouttes diluées dans un verre d’eau, matin et soir.
  • Achat conseillé auprès d’herboristeries certifiées ou portant la mention « Pharmacopée française » sur l’emballage.
  • Aucune interaction médicamenteuse grave signalée à ce jour mais vigilance recommandée avec traitements anticoagulants.

Alors que la demande pour des solutions naturelles augmente chaque année – +12 % sur le marché français selon Synadiet –, le cassis feuille reste confiné au cercle restreint des initiés. La question se pose : combien de temps encore ce décalage persistera-t-il entre reconnaissance officielle et absence totale sur le terrain sportif ?

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